Après quelques semaines d’acclimatation au Ladakh, je me sens de tenter, vers la fin juillet, un vrai sommet. Je pense auStok Kangri qui domine la vallée de l’Indus près de Leh et culmine à 6120 m d’altitude –plus de mille mètres au dessus du Mont-Blanc ! Le Stok Kangri est très connu ici, c’est un des seuls sommets de cette altitude qui soit accessible aux amateurs, sans grande expérience de haute montagne.Il présente, me dit-on, peu voir pas difficultés techniques. Ceci dit, ça reste un six mille et le défi physique est bien réel, sans compter le mal d’altitude et les aléas du temps. On verra bien! Comme je suis ici depuis un moment, je serai bien acclimaté.J’ai du reste découvert pendant mon premier trek au Ladakh ce que les efforts en haute montagne veulent dire.C’est assez violent. A cinq mille mètres d’altitude, en pleine forme et sans rien porter, on s’arrête tous les cent mètres dans la pente. Il est impossible de courir, sur un plat,plus de 50 mètres. A six mille, il faudra une sacrée volonté. Inch’ Allah !
Les préparatifs
Village de Likir situé à 60 kms de Leh. J’ai vécu une semaine improbable avec une famille ladhaki:Papa (Stanzin, 26 ans), Maman, deux bébés de 4 et 1 ans, le petit frère et les grands parents. Ambiance géniale, un vrai petit coin de Paradis. Il se trouve que Stanzin est un peu guide à ses heures.Il a une bonne expérience de la montagne pour avoir travaillé sept mois – comme porteur pour l’armée Indienne - sur le glacier de Sianchen (un des plus grands glaciers du monde), à la frontière du Pakistan. Du coup c’est décidé. Demain on achète la bouffe, on loue une tente, des crampons et des piolets et après demain on part tous les deux pour le Stok Kangri ! Stanzinl’a déjà gravi sept fois, à chaque fois avec des clients sans expérience. On a fait de la randonnée ensemble cette semaine, il m’a dit que j’avais le niveau…On sera que tous les deux,il pourra m’attendre et me pousser s’il le faut, ce qui est rassurant. Ca me plaît bien comme ça. Avec une agence, ce serait plus cher, moins drôle.Sans compter le risque de tomber sur des alpinistes chevronnés ou au contraire sur des nuls qui risquent d’abandonner à la première difficulté. Avec Stanzin, j’ai mon guide à moi et je compte bien arriver en haut. Bon, pas d’inquiétude, ce n’est pas le K2. Il y a un petit glacier plat au début, et après c’est une pente neigeuse moyenne, sans aucun passage risqué… Bref, ce qu’on appelle un “sommet de trekking”.Des centaines de touristesle font chaque année… je ne risque pas de geler comme dans la BD du Sommet des Dieux.
L’ascension
Le camp de base est établi à 5000 m. Départ à une heure du matin après une nuit quasi-blanche ; il est en fait difficile de dormir à cette altitude, pour une raison que j’ignore…L’insomnie est avec la migraine un des symptômes du mal d’altitude, tous deux causés par le manque d’oxygène. Même les guides apparemment dorment mal à cinq milles mètres. Départ à la frontale donc, sous une nuit étoilée tout à fait magique, comme on n’en voit qu’à cette altitude. Nous marchons 30 minutes et nous arrivons au glacier. Là, nous nouséquipons -gants, guêtres, crampons, piolets, cordes. Et puis nous entamons la traversée du glacier que nous parcourons en deux heures (assez longue distance, faible pente). Puis nous tournons vers la droite et attaquons la montée vers le sommet, bien raide, complètement enneigée. Heureusement, il fait froid et la neige est dure, on ne s’enfonce pas.
Et voici le début du calvaire. La montée de 5500m à 6000m est incroyablement épuisante, même pour moi qui suis déjà bien acclimaté à l’altitude. Je subi un gros, gros taquet physique. Il me faudra pratiquement trois heures pour monter ces 500 mètres …
Nous arrivons péniblement, à 6h du matin, sur l’arrête finale. Très beau Lever desoleil.Cette arrête est assez pentue, escarpée, vraiment stylée. Je me dis queparler de ‘sommet de trekking accessible à tous’ – avec cet enneigement - est vraiment abusif ! C’est sans doute moins dur en fin de saison, quand la neige a fondu. Mais pour nous,l’arrêtefinale est vraiment raide, escarpée, gelée.Il y a pas mal d’endroits où il faut faire un peu d’escalade, ici sur un rocher,là sur des bouts d’aiguilles de 20 centimètres de large… Si tu tombes, tu finis 2000 mètres plus bas !Je n’étais pas trop fâché d’avoir une relative habitude des fortes pentes à ski et quelques réflexes d’escalade.Ma petite expérience m’abien aidée à rester serein, à ne pas trop avoir le vertige.
Plus que cent mètresde dénivelé avant le sommet. Ce sont les pires cent mètres de ma vie. A six mille mètres, on sent vraiment que l’air estraréfié, qu’on en a moins dans les poumons. Chaque effort est incroyablement pénible…Je n’ai pas la force de prendre des photos dans cette pente, tant l’effort de sortir mon appareil m’épuiserait. Je m’arrête tous les quinze pas au maximum. Je suis essoufflé en permanence, incapable de récupérer, sentant battre mon pouls à la chamade. Si je m’assois, l’effort pour me relever est beaucoup trop dur. Du coup,je ne m’assois plus. Chaque pas est une victoire. Je mets une heure et demie à faire un chemin que je ferais en vingt minutes au plus dans les Alpes. Franchement, je ne sais pas comment font les alpinistes qui montent à 8000 m et plus. C’est complètement inhumain, je n’ose imaginer la force mentale qu’il faut. Et je comprends un peu mieux comment une petite crête finale, ridicule en apparence,peut s’avérer complètement, totalement insurmontable.
A huit heures du matin, après 7 heures de marche, nous arrivons au sommet. Il est couvert de neige et de drapeaux de prière. Le panorama de là haut est indescriptible, on n’en a qu’une faible idée en avion. Nous restons, Stanzin et moi une heure, et puis nous redescendons.A la fin de cette descente,je me trouvedans un état second. Un vrai zombie, titubant de fatigue, j’ai chaud, mal à la tête, j’ai la nausée, mes muscles sont raidis…Je n’ai jamais été aussi crevé de ma vie. Du coup, je vais m’écrouler et dormir toute la journée et toute la nuit qui suivent.
Bon ! Ceci étant,je dois dire que je me suis pris une sacrée pilée en croisant un couple de Suisses qui ont atteint le sommet en…3h15 (1150m de dénivelé enneigé) ! Quand j’ai croisé, aux deux tiers de ma montée, cette Suissesse qui redescendait gaiement, toute pimpante, ça m’a fait un coup à l’estomac.Ils sont fous ces Suisses ! Mais c’est un des trucs bien du Ladakh. Au lieu des touristes gros et gras, suantle fric avec leur caméras Reflex, que l’on voit dans le Rajasthan ou au Taj Mahal, on rencontre ici des guides de haute montagne et autres grimpeurs tous plus monstrueux les uns que les autres. C’est une autre ambiance … Et voilà pour le Stok Kangri ! Cette ascension a été de loinl’expérience la plus folle de mon voyage, un souvenir exceptionnel. Même si ce n’était pas le K2, je pense que ca suffira pour me faire relire le Sommet des Dieux avec un regard plus attentif.
Clément Petit, 24 ans, étudiant à l’Ecole Centrale, cet été 2010 au Ladakh.
PS Clément s’est trouvé ensuitedans un grand trek de 20 jours entre Lamyuru et Manali, lorsque les terribles inondations qui ont dévasté Leh se sont produites. Clémenta eu de la chance, il est passé dans les gorges du Zanskar trois jours avant les intempéries, et est parvenu à Manali sain et sauf.
Alors que l’Occident peine à sortir de la crise, l’Inde, après la Chine, confirme son rôle moteur d’une croissance mondiale fragilisée. Ce géant en marche, déjà premier centre mondial des services offshore, capable de créer la voiture la moins chère du monde, affirme sa présence sur tous les fronts : il produit des ingénieurs en masse, lance des satellites ou fabrique des supercalculateurs, tout en faisant irruption dans les biotechnologies et devenant centre de R&D pour plus d’une centaine de grandes entreprises. Tata, Mittal, Reliance, Infosys ou Airtel ne cessent de grandir et rachètent ici et là certains de nos fleurons industriels.
L’Inde sera une grande puissance, elle est en train de devenir un grand marché et, surtout, elle offre un fantastique terrain d’apprentissage pour développer des produits et services qui s’adressent au « bas de la pyramide », c’est-à-dire à quatre milliards d’individus ! Les services testés dans le laboratoire indien sont en effet transposables à tous les pays émergents, où les deux tiers de la croissance mondiale se feront désormais. Voilà le véritable enjeu pour les entreprises occidentales !
Ce livre décrit les promesses et l’attrait d’un immense marché, l’agilité des entrepreneurs et les prouesses des entreprises, l’innovation née du chaos et de la nécessité, mais aussi les risques et la complexité d’une démocratie fédérale qui doit faire face à d’énormes défis. Empli d’histoires et d’anecdotes, écrit dans un style très vivant, il vous entraîne à la découverte de l’Inde des affaires, avec pour toile de fond la réalité politique, sociale et humaine d’un pays en transformation rapide.
L’Auteur
Michel Tesrtard est consultant international. Il accompagne des entreprises européennes dans leur stratégie de développement en Inde, où il travaille depuis près de dix ans. Ingénieur civil des Ponts et Chaussées, MBA de l’Insead, il est aussi conférencier et essayiste ( il a publié l’Appel de l’Inde en 2006). Il publie un blog www.trinitypartnership.com/blogmicheltestard et peut être contacté directement par mail à michel.testard@trinitypartnership.com.
Je suis allé à Bangalore pour deux jours fin Juillet et ai logé chez une amie indienne, Omana (un prénom chrétien syriaque du Kerala). Comme je suis arrivé chez elle le dimanche dans la mi-journée, Omana m’a proposé de faire un petit tour de Bangalore, dont je connaissais les cyber–parks et le côté high-tech, mais dont je ne connaissais pas bien le centre historique. Nous sommes allés visiter le palais de Tipu Sultan et les restes du vieux fort de la ville, en plein centre ville.
Nous voilà partis visiter les restes du palais de Tipu Sultan, un rajah fameux de Mysore, fils du puissant Hayder Ali, allié des Français. Tipu fût notamment le premier membre Indien du club révolutionnaire des Jacobins, où on l’appelait ‘Citoyen tipu sultan »). Il s’est battu bravement contre les Anglais (commandés entre autres par Wellesley, le futur Duc de Wellington), avant de leur succomber glorieusement le 4 Mai 1799, devant sa capitale Srirangapattanaà côté de Mysore…
Les restes du palais, détruit par les Anglais après la chute de Tipu sont assez dérisoires : repeints avec mauvais goût, mal conservés … Il reste les chapiteaux et la structure, quelques peintures murales aux fleurs défraichies, une mezzanine et deux trônes en surplomb : les trônes du durbar (assemblée) d’où Tipu recevait d’un côté ses courtisans, de l’autre le peuple…. Dehors, il reste un bout de jardin moghol qui côtoie un temple hindou kitch et crade, plus récent. Au rez de chaussée, sous l’esplanade du durbar, le visiteur est invité à contempler quelques maigres gravures architecturales, des textes explicatifs simplets … et quelques objets du palais.
On voit dans la seconde salle des roquettes – les premiers engins balistiques de l’époque, qui envoyaient une charge de deux kilos au bout d’une sorte de harpon à 2,5 kms… Tipu était très fier de ses roquettes. Il en a fait un usage intensif, les Anglais ont essuyé des déluges de roquettes qui leur tombaient dessus – explosives, vrillantes, découpantes ou enflammées. Ces engins ont été rapportés en Angleterre après la chute de Tipu. Démontés, étudiés par les savants de l’époque, ces roquettes indiennes auraient contribué à l’essor de la balistique militaire britannique.
Et puis on trouve dans la dernière salle un drôle de jouet dans une vitrine - le jouet préféré de Tipu Sultan.
C’est la maquette d’un tigre, de la taille d’un gros chat, en train de dévorer un soldat Anglais en uniforme - veste rouge, chapeau noir et guêtres beiges - pris à la gorge sous les pattes du fauve. L’Histoire dit que ce tigre commémore une vraie tragédie, celle du fils d’un général Ecossais de la compagnie des Indes, Sir Hector Munro, qui fût effectivement dévoré par un tigre du Bengale. Le tigre de Tipu a une échancrure sur le flanc, on y voit des soufflets métalliques. C’est une petit orgue de barbarie qui joue des ragas, des rages de tigre ( ?) disent les Indiens, quand on l’actionne. Les Indiens ajoutent que cet engin était le jouet préféré de Tipu Sultan qui pouvait ainsi assouvir avec délectation sa haine de la perfide Albion. Les mauvaises langues susurrent que le mécanisme et l’orgue de barbarie étaient Français… L’original de ce tigre de barbarie figure (sic) au Victoria and Albert Museum à Londres.
Personne autour de nous ne porte la moindre attention aux gadgets de Tipu Sultan.
Quirk 2 la vache de kote
A côté du palais de Tipu, on doit trouver, me dit Omana, les restes du mur d’enceinte du fort de Bangalore, le Kote. Nous marchons un peu en direction présumée de ce fort … dans le chaos de circulation habituel, car il y a à Bangalore autant de monde qu’ailleurs en Inde…Mais on y trouve un peu plus de verdure tropicale, les femmes portent des fleurs blanches de jasmin dans les cheveux, il y a beaucoup de marchands de fruits, des éclopés partout… Et aussi beaucoup de latrines : pour hommes essentiellement – tous les 50 mètres – ou presque ; Les odeurs sont donc variées, effluves de goudron, parfums de fleurs, fragrances de banane et pestillences de chiottes. Tout ça dans un grand tintamarre de klaxons, moteurs et musiques variées – bollywood, chant du muezzin, pop & rock … et vrombissements de toute sorte …
Nous arrivons cahin-caha dans ce tohu-bohu à l’entrée du site – un petit musée qui entoure le mur. Nous découvrons le rempart – il ressemble au mur des lamentations, de grosses pierres jaunes amassées avec régularité sur une hauteur de cinq mètres environ.
Avec en haut un muret crénelé qui borde un chemin de ronde; bref un gros rempart médiéval comme on en voit chez nous ou chez les Romains. Devant le mur, il y a un petit lawn, un bout de gazon coupé raz à l’Anglaise ; et sur le côté droit une grande porte en bois sculptée, ornée de motifs islamiques. Des fleurs, des oiseaux, des hallebardes islamiques. Pas de chance, on ne peut pas rentrer ! Il est 16H50 ce dimanche, tout est fermé. Il n’y a pas de guichet, pas de gardien. En fait seulement une grande grille fermée. A vrai dire, il y a quand même un gardien : une grosse vache sacrée noire, affalée de tout son long devant la porte, les gros yeux bovins mi clos, en train de ruminer consciencieusement un morceau de carton qui traînait devant elle.
Personne autour de nous ne porte la moindre attention à la vache de kote.
Quirk 3 Le palmier et le chimpanzé du bloc dentaire
Nous sommes décidés à voir ce mur de plus près. Et continuons donc longer la grille qui suit le mur, espérant trouver une autre entrée. En fait il y a en face un vieil hôpital public, gris sale et déglingue, qui date plus ou moins de la période coloniale, plusieurs bâtiments entourés de verdure. Au bout de quelques centaines de mètres, nous tombons sur le bloc de soins dentaires. Il y a ici encore une grille, une entrée des urgences, bloquée cette fois par deux gardiens en uniformes et moustaches, des ‘chokidars’ au look nonchalant, tout de même armés chacun d’un gros bâton long.
Je m’approche – et voyant que nous pourrions voir le mur de l’intérieur de la cour – demande si nous pouvons entrer. Le chokidar en chef me toise d’un œil noir et déclare ‘ no, no, very danger. No entry !’. Je ne comprends pas bien d’où peut venir le danger, mais n’insiste pas et recule avec regret. En rejoignant Omana, je jette un coup d’oeil en arrière vers les deux chokidars. Et aperçois un jeune Indienne qui marche gracieusement vers eux, escortée de deux vieilles personnes. Elle approche sans hésitation le chokidar en chef et d’un geste très léger et rapide lui glisse dans la patte un billet plié de 10 roupies ; A l’ instant même, le trio entre dans la cour de l’hôpital…
Personne autour ne porte la moindre attention aux chokidars corrompus.
Nous finirons par faire le tour de ce bloc dentaire, et trouver le moyen –à la barbe des chokidars - de voir le mur de plus près. En ressortant, nous allons repasser devant les deux cerbères à bâtons. Mais il y a là encore des choses bizarres. Quirky.
Un immense palmier, d’une hauteur de quatre étages, à moitié déraciné. Il a plié sur sa droite, et est tombé sur le toit du bloc dentaire. Qui le retient – depuis combien de temps ? - en faisant une grosse échancrure dans le tronc. En dessous du palmier miraculé par l’hôpital dentaire, j’aperçois une étrange sculpture au coin du bâtiment.
Un chimpanzé en plastique, qui a perdu deux demi-bras … C’était en fait un chimpanzé qui tenait une poubelle. La poubelle a disparu, le chimpanzé est toujours là.
Personne ne porte la moindre attention, ni au palmier, ni au chimpanzé.
Le lendemain, je ferai une heure trente de voiture chaotique pour me retrouver dans un cyber-park cinq étoiles. A discuter avec une société Indienne qui fait de l’ingénierie informatique très sophistiquée pour le compte d’entreprises mondiales comme Airbus et Rolls-Royce.
Bharat me sab kuch mumkin hai. En Inde, tout est possible.
Et en Inde, personne n’accorde aucune attention au bizarre.
There was a huge shower today … which started around 4 pm and got really worse in the evening.
I was going back home from a meeting in Chanakyapuri around 6H30 pm when my friend Sheharbano asked me to come to her house, as her brand new car was being delivered to her. So I went- and attended to her paperwork and car delivery check up. Then she said ‘let us do a little run; to fill up the tank and go round for a little while’.
And off we went. This is where Mother India struck again…The monsoon shower became really strong and went over board as we were going past Nizamuddin’s gate.
In a few seconds we got trapped in a grotesque, Ubuesque Indian chaos: ditches turned into Himalayan streams, roads totally flooded, traffic lights collapsed, police evacuated, pedestrians sunk, beggars drowned, dogs and cows swamped in gutters etc… With every single driver of rickshaw, car, jeep, lorry, bus trying to outsmart each other … with the unstoppable consequence of getting everyone into a far bigger mess. We tried to U turn and drive back to Nizamuddin from the petrol station near Aman resort on Lodi road. Impossible. The traffic opposite was determined to jam splendidly, like a sheeps herd rushing to the cliff’s edge…. So we decided to change tactics, try to reach Khan Market for a drink, and wait there for the rain to stop and the traffic to dissolve. We eventually got there in an hour or so… and drove round the entrance to the rear end where we parked.
I had a sort of motocyclist raincoat, but Sheharbano had nothing waterproof and felt safer to stay in her car. So I decided to check things out, and found we were near Sugar & Spice shop… I jumped out and splashed magnificently into four inches of water … trying to cross over the alley road from the parking to the shops.I eventually got under a store cover and asked for an umbrella… Shop wallas pointed me at a dukan in the corner where I found a nice black umbrella. Three hundred roupies ? ok, no time for bargaining. I got back to Sheharbano’s car and we paddled together under the rain to Big Chill café, which is at the other end. The rain was at it’s worse, everyone was soaked to the bones. The entire Khan Market had turned into a swimming pool. We got in and were lucky to shake ourselves up on a table.We sat and drank and ate, and got a little less soaked, at least for a while. Thank you Big Chill.
Eventually we decided to attempt -in spite of still adverse conditions- a strategic retreat back to Nizamuddin. Inevitably, we got caught once again in the madly dummy traffic - still jam packed… and so absurd. There was a little sign of recovery though. The Delhi police had started to get back on duty…and was making a marginally positive impact.Khan Market to Nizzamudin on normal traffic conditions takes ten minutes. It took us - saraf (only) - an hour and thirty minutes to get back.
In total we spent a nice four hours in the car. A nice monsoon drive that we will remember for a long time.
It is seriously hot and wet at the moment (35°C with 70% humidity).Quite debilitating.We had at last a nice real shower today. Even two of them in a row, on that afternoon…
But then something quirky happened: a tree near my house, in front of the little garden which is off Gate 6, collapsed, causing a power cut of several hours to my D block. The tree just fell apart for no reason (as Indian tree do) and damaged a main wire. I went to check the repair team from the Delhi Electricity Board: they had come on bicycles with no tools, and were waiting for something. Eventually they did repair the damage… by climbing up on some bamboo ladder.
I had just got back from another preposterous meeting with a foreign bureaucrat about to retire for good in eight days. And I wanted to get back to my book(1) - which I am supposed to update – still in chapter one but almost through, and was cut off … by Mother India. I could not work on my laptop which was out of battery…
So I went back to my sitar - and practiced a new Darbari tans that my guruji had given me two days before. I played outside on the wet terrace, as it was the only place with a bit of fresh air. I played and soaked, but did not choke. Electricity came back just before my sitar Ustad guruji and Faraz (tabla player) arrived for my evening class. But then, again, several power cuts forced us to carry on in the dark, with candles and incense… So we played in the twilight, and had nice tea and biscuits … as we always have proper breaks. To chat in Urdu and sip.
After they’d left, I went on with my evening yoga. This was another day at Nizamuddin…
Il y avait longtemps que je voulais m’offrir un charpoi. Un charpoi ? Cette simple banquette à tout faire que l’on voit partout dans l’Inde du Nord ; charpoi vient de char = quatre et poi = pieds, c’est le « quatre pieds »… Le charpoi est le lit de repos des masses populaires de l’Inde.
Examinons le charpoi de plus près. A première vue c’est un lit bas, une sorte de hamac tendu qui peut coucher une personne ou en asseoir trois, voir quatre en lotus. Un cadre de bois ou bambou rectangulaire d’environ 1 m 80 de long sur 70 cm de large, posé sur quatre pieds courts (40 cm) plus ou moins sommairement sculptés. Il n’y a pas de plancher ni de matelas, mais une toile de jute tissée et tendue dans la longueur de façon non symétrique : un côté est couvert jusqu’au bord du cadre, l’autre laisse un ‘vide’ de vingt-centimètres environ. C’est sans doute pour retendre la toile plus facilement quand il le faut…
En Inde, on voit des charpois partout. En ville dans les quartiers populaires, les ruelles des bazars, les pas de porte des échoppes, sur les terrasses des maisons modestes ; à la campagne devant les maisons ou dans les basses-cours de village. On le voit aussi beaucoup aux bords des routes de l’Inde, dans les stations services et autres gargottes de routiers. On le voit partout où les Indiens éprouvent le besoin de se reposer de leurs activités harassantes. Pour dormir, faire une sieste, somnoler en observant le spectacle de la rue, pour discuter et jouer aux cartes. A la verticale le charpoi peut servir de séchoir à linge. Recouvert d’un tissu, il sert d’ombre aux humains ou aux chiens des rues. Dans un village du Rajasthan, j’ai même vu un groupe de chevrettes y faire paisiblement une sieste collective…. Bref, les usages du charpoi sont inépuisables à l’esprit pratique et inventif des Indiens et de leurs bêtes.
Ma première expérience du charpoi, je l’ai vécue dans l’une de ces échoppes du bord de route, quelque part entre Dharamsala et Shimla. Mr Nanna et moi roulions depuis quatre heures sur nos motos Enfield par une chaleur de plomb ; nous étions imbibés des pots d’échappements des bus ou camions Tata, couverts de crasse et dégoulinants de sueurs. Nous décidâmes de nous arrêter un moment. Malgré un chai (thé) et quelques chapatis, j’éprouvais un vrai coup de fatigue. C’est alors que je remarquais sous la tôle ondulée six lits mis à disposition des voyageurs pour se reposer un moment à l’ombre. Il y avait même un fan (ventilateur) bancal qui n’arrivait pas à chasser les mouches, mais qui au moins donnait un peu d’air. L’un des lits était libre, je m’enfonçais dans sa toile rêche avec délectation, pour une plongée délicieuse dans une torpeur réparatrice.
Dans les mois et les années qui ont suivi, j’ai senti confusément que le charpoi est le lit du pauvre (garib) : on ne voit pas de charpoi dans les intérieurs Indiens de la haute société, encore moins chez la classe moyenne obsédée par le modèle Mac Donald. C’est vraiment le lit du pauvre, des masses défavorisées, de l’aam admi (l’homme de la rue). Cette intuition confuse s’est trouvée confirmée lorsque je demandais un jour son avis à mon amie Shameem :
- « J’aimerais avoir un charpoi chez moi. Où puis-je en trouver un ?
Sa réponse part au quart de tour :
- « Quoi ? Mon Dieu, d’où te vient cette idée farfelue ? Un charpoi, c’est vraiment de mauvais goût. Débrouille toi, je ne sais pas où ça se trouve… va dans la rue ?!»
Quelques temps après ce coût d’arrêt à mes élans, je me trouve à Sunder Nagar près du taxi stand – le lieu de parking des taxis, qui est aussi l’endroit où les chauffeurs se reposent entre deux courses, se restaurent et passent la nuit. Je remarque cinq ou six charpois alignés contre un mur, près d’une tente crasseuse qui sert de cantine aux chauffeurs. L’un d’entre eux y est assis, lisant le journal. Je m’approche et lui demande.
- « Ye walla, kitne hai ? - « C’est combien, ça ? »
- « ça dépend » me dit-il goguenard.
- « Un charpoi comme celui-là ? »
- « 600 roupies » me répond-il après un temps de réflexion
- « ça se trouve où ? »
- « N’importe où » dit-il en hochant la tête.
Quelques mois passent, j’ai oublié cette idée de charpoi… Et puis, un jour, cherchant une idée de canapé pour mon modeste salon, je reviens à l’idée simple et économique : le charpoi ! Cette fois c’est décidé, je demande à Ajay – l’homme à tout faire de Shameem – de m’accompagner là où on peut trouver un charpoi. Petit conciliabule entre Ajay, Dharam et Shameem. Si, si disent-ils en cœur, on peut trouver au marché de Boghal, c’est à dix minutes.
- « C’est un marchand de meubles ? » demandé-je.
- « Non, non, tu verras. Ajay ira avec toi. » m’explique Shameem.
Nous voilà en rickshaw partis pour Boghal, une colonie populaire qui se trouve juste en dessous de Nizamuddin. Nous entrons dans le bazar, Ajay s’arrête pour demander son chemin. Car personne en Inde n’a aucune idée des adresses. On trouve par tâtonnements. Deux ou trois tours de pâtés de maison suffiront, nous voilà arrivés chez le Charpoi Walla, le fabricant spécialisé en charpois. Un petit ‘dukan’ comme on dit en hindi, petite échoppe qui donne sur la rue. On y voit deux charpoi neufs, l’un par terre, l’autre en posture verticale. Derrière le comptoir, s’affairent deux jeunes hommes. Et derrière eux, il n’y a rien que des petites boîtes et des cordes de jutes. Pas de stock visible au magasin… Ajay sera mon interprète, car ces braves gens ne parlent pas vraiment Anglais.
- « Vous faites des charpois ? »
- « Oui, oui, pas de problème, toutes les qualités de charpoi »
- « ça coûte combien ? »
Un temps d’arrêt, ils se concertent pour fixer un prix … pour l’étranger.
- « 1500 roupies »
- « Comment ? mais on m’a dit que c’était 600 roupies ! »
- « Oui, mais ça dépend de la qualité. En bambou avec une corde de base, c’est 600 roupies. Qu’est ce que vous voulez comme qualité ? »
Nous traiterons en une demi-heure des choix de qualité et des conditions… Je cherche, en bon Occidental, une bonne qualité au meilleur prix, en espérant arriver à 600 roupies … Je négocierai comme une bête pour me retrouver à 1200 INR…. Bon voilà, tout est réglé, pensé-je, on peut repartir. D’ailleurs il fait vraiment trop chaud au soleil dans cette rue bondée, il est plus que temps de rentrer. Je commence à m’éloigner quand Ajay me rattrape.
- « Monsieur, le bois… »
- « Quoi, le bois ? »
- « Il faut acheter le bois chez le charpentier. »
- « Où ça ? »
- « Là, au bout de la rue. »
Nous faisons deux-cent mètres pour arriver chez le charpentier. A l’entresol de la maison Raj Kumar se trouve assis derrière son comptoir un imposant personnage moustachu – le propriétaire – qui pren les commandes et tient le tiroir-caisse. Tandis que s’agitent autour de lui une petite ribambelle d’ouvriers et de colporteurs, dans un tourbillon de copeaux sous les cris stridents des scies électriques.
- « Nous voulons du bois pour faire un charpoi » dit Ajay en tendant les dimensions sur un petit papier.
- « Quel bois ? » demande le gros proprio sans même nous regarder.
Ajay palabre pour comprendre, il me donne les prix. Je renvoie mes préférences. J’essaie là aussi de négocier la meilleure qualité, ça me coûtera finalement 800 roupies. En un tour de main, les planches adéquates sont sélectionnées et découpées. Nous repartons chez le charpoi walla avec les planches de bois sous le bras. « Je me suis sans doute fait avoir », pensé-je, « c’est normal… Mais ce charpoi sera très beau, dans un bois de qualité (dont j’ai oublié le nom). »
C’est en revenant au Charpoi walla que je découvre l’ouvrier qui fera le travail… Un vieillard à demi-nu, belle tête blanche barbue sur un corps émacié, il est vêtu d’un simple doti comme Gandhi. Accroupi au bord de la route, il est en train de polir à la main un bout de pied, tout en nous observant du coin de l’œil… J’imagine qu’ils doivent sans doute être deux ou trois ‘ ouvriers du charpoi’, esclaves ployant sous le harnais des deux jeunes patrons. Bagnards du bazar, ils sculptent, assemblent et montent un ou deux charpois par jour. Sans doute depuis quarante ans, pour moins de 100 roupies par jour. Tout est réglé, nous avons mis une heure à tout traiter.
48 heures après, le charpoi m’est livré à la maison par trois hommes (wallas) en charrette. Il est superbe. Je le recouvre d’une jolie couverture en soie orange et de petits coussins brodés de même couleur. Je plonge dedans avec délectation… On y dort comme dans un hamac, c’est très confortable … mais il est difficile de s’en relever. En Inde le charpoi est le lit de l’aam admi – l’homme de la rue- comme on dit. Chez-moi, c’est un petit meuble décoratif. Les indiens le paient 600 roupies (9 euros), je l’ai acheté 2000 roupies (30 euros). Vous pouvez le trouver en Europe. Mais votre prix sera légèrement différent. Vous trouverez sur internet des charpois à vendre en Europe ou aux USA. A trois cent vingt livres sterling chez Wisltone House & Gardens www.wilstone.com
Article publié dans la revue ASIA N°3 - en Janvier 2008
Si l’économie Indienne croît de 8 à 9 % par an depuis quelques années, c’est en grande partie grâce à des entreprises conquérantes que nous découvrons, parfois surpris, en train de faire leur marché chez nous. Qui n’a entendu parler de Mittal, Reliance, Infosys, Tata, Kingfisher ou Suzlon ? Ces noms encore inconnus, il y a peu, sont désormais de plus en plus à la une de nos journaux et magazines. D’où viennent ces entreprises, qui sont leurs dirigeants, à quoi devons-nous nous attendre de leur part ? Partons à la découverte de trois d’entre elles : TATA, le premier groupe industriel du pays ; Moser Baer, une entreprise moyenne de high-tech ; et enfin Avesthagen, une start-up innovante de biotechnologie.
Le fondateur des TATA
« Le géant qui caressait l’avenir », c’est ainsi que l’hagiographie officielle qualifieJamsetji Nusserwanji Tata, fondateur du groupe qui porte son nom. Elle précise aussitôt : « Industriel, nationaliste, humaniste, et fondateur de la maison TATA …Ce qui fait de Jamsetji une personnalité vraiment unique et le place au panthéon des plus grands fils de l’Inde moderne, c’est son humanité ! » Né le 3 Mars 1839, dans une famille de prêtres Parsis de l’état du Gujarat, Jamsetji Tata rejoint à vingt ans (deux après la grande mutinerie de 1857) dans la petite société de commerce et de banque que son père a créée. La société familiale tombe en faillite. Il rachète alors au cœur du Bombay industriel sa première affaire, une huilerie en banqueroute, qu’il va convertir en filature à coton pour la revendre deux ans plus tard avec profit. S’ensuit un extraordinaire parcours ponctué d’une série de coups de génie. En quelques années, Jamsetji établit des entreprises qui sont toujours des piliers du groupe TATA : Tata Steel dans la sidérurgie, Tata Power dans l’énergie électrique, et enfin la prestigieuse chaîne d’hôtels Taj.
Jamsetji Tata est aussi un humaniste, intéressé par le développement intellectuel et scientifique du pays. Il crée par exemple en 1892 la fondation TATA pour l’Education –qui offre des bourses d’études universitaires en Angleterre aux meilleurs étudiants Indiens. Il est à l’origine de l’Institut des sciences de Bangalore, l’un des établissements universitaires et de recherche d’élite en Inde. L’héritage de Jamsetji Tata a été remarquablement développé par ses héritiers, chaque génération a su apporter sa pierre à l’édifice. Ainsi J.R. TATA, dont la mère Sooni était française, est le fondateur d’Indian Airlines, il étend les activités du groupe, qu’il présidera pendant 50 ans, à la chimie, à l’automobile et au thé.
Le Groupe TATA en 2008
Le groupe présidé par Ratan Tata réalise un chiffre d’affaires d’environ 20 milliards d’euros à travers 98 sociétés réparties en sept grandes branches d’activité : informatique et télécommunications (dont le fameux Tata Consultancy Services), ingénierie (notamment Tata Motors dans l’automobile), matériaux (avec Tata Steel dans l’acier), services (en premier lieu, les fameux hôtels Taj) , énergie (Tata Power et Tata Solar), grande consommation (Tata Tea et Trent , une chaîne de vêtements) et enfin la chimie (Tata chemicals)…
Bref chez Tata, on trouve tout, Tata est partout ! Et Tata vaut de l’or : le groupe à lui tout seul représente 3,2% du PIB indien, sa capitalisation boursière atteint 50 milliards d’euros en décembre 2007, ce qui, au CAC 40, le placerait en dixième position ! Aujourd’hui, le groupe TATA continue de se renforcer en Inde en ciblant les nouveaux consommateurs de l’Inde, les 250 millions de la classe moyenne. Hors d’Inde, le groupe s’internationalise rapidement, son chiffre d’affaires est ainsi passé de 1,8 milliards en 2004 à 7,4 milliards d’euros (39% du total) en 2007, avec une présence dans 85 pays.Et TATA continue de « caresser des projets d’avenir »… En voici trois exemples.
TATA Steel rachète quatre fois plus gros que lui
Fin 2006, TATA Steel, premier groupe sidérurgique indien – très productif mais de taille modeste avec une production de 4,4 millions de tonnes d’aciers - rachetait le sidérurgiste britannique Corus, qui avec ses 18,2 millions de tonnes était quatre fois plus gros. Le rachat du plus gros par le plus petit ou reverse take-over s’est conclu après une âpre bataille contre le Brésilien CSN. Tata a dû tripler sa mise pour s’offrir Corus pour un montant de 9 milliards d’euros, la plus grosse somme jamais déboursée par une entreprise indienne hors du pays. Le nouvel ensemble Tata Steel-Corus (Corus est toujours dirigé par le Français Philippe Varin) forme désormais le cinquième groupe sidérurgique mondial, avec une capacité de production de 22,6 millions de tonnes d’acier.
TATA réinvente la voiture du peuple
Mars 2007, Salon de l’automobile de Genève, Tata Motors confirme son projet de voiture « du peuple » à cent mille roupies, soit environ 1 800 euros, le quart du prix de la Logan… Ratan Tata, PDG du Groupe, explique comment il veut répondre à un besoin pressant de nombreux Indiens . Les familles Indiennes modestes risquent en effet leur vie en scooter : le père casqué, bébé sur les genoux, conduit dans un trafic de folie, tandis que sa femme assise derrière -tête nue en amazone - porte un autre enfant à peine plus âgé. « Si cette famille était assise dans une voiture, ce serait un progrès pour mes compatriotes », estime-t-il. Le prix de 1 800 euros exigera une révolution industrielle. Il faudra aussi s’attaquer aux coûts de marketing et distribution, très importants en automobile. Là aussi Tata innove : les voitures seront distribuées en kits à un réseau de garagistes-mécaniciens chargés d’assembler ces kits en voitures… Si la Logan est low cost, la Tata sera hyper low cost ! Les derniers soubresauts de l’aventure de la Nano sur le site en cours de construction à Singur au Bengal Occidental– conflit chaotique (qui montre que l’Inde est tout de même une démocratie) entre paysans expropriés, autorités communistes de l’Etat et Tata – ne changera rien à l’affaire. La Nano se fera, sans doute avec un peu de retard, mais elle se fera…. Le pari de la Nano est une vraie révolution, qui suscite déjà d’autres projets concurrents, dont celui récemment annoncé de Renault. Ainsi, l’Inde est en passe de devenir un centre mondial de fabrication de petites voitures peu chères.
Tata construit le plus grand super ordinateur d’Asie
Computational Research Laboratories (CRL), une filiale du groupe, vient de développer en quelques mois, grâce à un investissement de 20 millions d’euros, un super ordinateur classé quatrième parmi les cent machines les plus puissantes. Cet ordinateur baptisé Eka (« UN » en sanscrit) tourne à une vitesse de 120 teraflops , soit 120trillions de calculs à la seconde. Il est le plus rapide d’Asie. Aucun ordinateur de cette puissance n’avait été construit jusqu’alors sans le financement d’un institut public de recherche. TATA l’a fait, qui plus est en quelques mois seulement ! Ce projet suivi personnellement par Ratan Tata est-il une folie ? Pas du tout. Le groupe TATA possède en effet avec TCS la première société de services informatiques indienne. Or pour TCS, les prestations de services rendues possibles par EKA sont importantes. D’abord un marché mondial de 21,5 milliards d’euros, ensuite, des applications sophistiquées dans la recherche moléculaire, les simulations neuronales, la dynamique des fluides, l’animation de films, les simulations de crash etc… Bref Eka annonce l’irruption de l’Inde dans la bataille low cost et le cercle très fermé du Super Calcul.
Globalisation, obsession du coût, innovation, un management à la fois rigoureux et agile, tels sont les ingrédients de la recette Tata. Cette recette est-elle réservée à TATA et à quelques autres grands groupes ? Non, car on voit ces réflexes et de nombreux talents partout en Inde.
Moser Baer
Dans une usine ultra moderne, des ingénieurs en blouse blanche, coiffés de casquette et lunettes fumées, surveillent sur leurs écrans de contrôle des lignes de production entièrement automatisées qui crachent des milliers de disquettes, DVD et CR-ROMs à l’heure. Pour entrer dans le site de production, il faut franchir trois sas de purification … de l’air. Vous n’êtes ni à Taiwan ni Shenzhen, mais chez Moser Baer à Noida, une des villes nouvelles qui entourent New-Delhi, satellite bondé, trépidant et pollué.
Cette entreprise Indienne de taille moyenne d’à peine un quart de siècle fait environ 348 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle est née en 1983 d’une collaboration avec deux entreprises étrangères, l’une Suisse (d’où son nom), et l’autre Japonaise, pour fabriquer des systèmes de sauvegarde. En 1986, le marché des mémoires de masse explose avec l’arrivée des ordinateurs personnels.« Faire des mémoires de masse à partir de plastiques et adjuvants chimiques, pourquoi pas nous ? » se dit un ingénieur Indien formé à l’Imperial College de Londres, Deepak Puri, fondateur et président de la compagnie. Moser Baer commence par fabriquer les petites disquettes souples de nos premiers ordinateurs PCs, souvenez-vous des 5.25″ , puis de 3.5″ … En 1999, Moser Baer se diversifie dans les disques optiques multi medias, et construit à Noida une usine d’une capacité de production annuelle de 150 millions de disques. Toujours la même stratégie : faire de la production de masse de très haute qualité à bas coûts, et inonder le marché mondial. Aujourd’hui, Moser Baer exporte 90% de sa production, la société est le cinquième constructeur mondial dans ce secteur.
Depuis peu, l’entreprise s’est lancée dans une nouvelle aventure : l’énergie solaire. Pourquoi ? Le territoire indien a un fort ensoleillement tout au long de l’année… Selon les autorités, le soleil (Surya) en Inde pourrait fournir à lui seul un demi-million de mégawatts (Mw), soit trois fois la consommation énergétique actuelle. Or, il n’y a aujourd’hui que 110 MW de panneaux solaires installés : à 0,26 €/Kwh, l’énergie solaire est encore beaucoup trop chère.
D’où la stratégie de Moser Baer: appliquer son savoir faire - production high-tech de masse à bas coûts - pour ramener le coût de l’énergie solaire à environ (0,07 €/Kwh) d’ici 2010. La filiale solaire du groupe, MBPV fut créée fin 2005, avec 40 millions d’euros pour produire des modules et panneaux photovoltaïques. Cette usine ultramoderne a une capacité de production de 80 Mw. En l’espace de trois ans, MBPV établit également des partenariats stratégiques avec des firmes californiennes à la pointe de la recherche dans les nouvelles technologies dites de basse et haute concentration. Sans oublier la plus avancée, celle dite de nanostructure. Pourquoi ? « Rendre l’énergie solaire abordable pour le commun des Indiens - en ville ou à la campagne. » dit avec élégance Deepak Puri.
Chez Moser Baer comme chez Tata, la vision et des réflexes sont similaires : (1) Satisfaire les besoins du consommateur de base. (2) Emprunter les meilleures technologies occidentales. (3) Les adapter et réduire leur coût de façon drastique. (4) Ce faisant, construire une plateforme hyper-compétitive pour les marchés émergents et le reste du monde. L’obsession indienne n’est pas focalisée sur le high-tech pour le high-tech, elle porte sur le business model à bas coûts, l’hyper rentabilité qui permettra de conquérir son propre marché puis le reste du monde.
Avesthagen
Après dix ans de recherche à l’Institut de recherche des plantes semi-arides d’Hyderabad, Madame Villoo Morawala Patell obtiendra son diplôme de docteur en biologie moléculaire végétale de l’université Louis Pasteur à Strasbourg en 1993. En 1998, elle fonde Avesthagen – la première société Indienne d’agri-bio-technologie.
Son idée ? Développer un centre de recherche indépendant dans les sciences de la vie, c’est-à-dire une société qui cherche et produit des brevets. Ici pas de production ni de vente. Trois disciplines ont été choisies – bioinformatique, génétique et pharmacie – au service de quatre grands domaines d’application – la nutrition, les semences, les diagnostics de santé (diabète, obésité etc.), la pharmacie – avec un dénominateur commun, une médecine préventive et personnalisée.
Un modèle complexe ? Madame Patell pense bien au contraire qu’elle a trouvé une façon de limiter, pour les investisseurs, les risques de la biotechnologie. Ce type d’entreprise n’existait pas en Inde, si les débuts ont été difficiles, Avesthagen est en passe de réussir. Entre 1998 et 2007, la société a produit 140 brevets, elle en est à son troisième tour de table, levant 24 millions d’euros auprès d’investisseurs financiers et des partenaires industriels. Avec pour le moment zéro ventes, la société est déjà estimée fin 2007 à 80 millions d’euros, et lors de son introduction en bourse, sa valorisation devrait dépasser les 500 millions !
Cherchant à vendre son projet aux investisseurs, Madame Patellexplique « je savais que les investisseurs indiens n’étaient pas mûrs pour notre genre de beauté, aussi ai-je été chercher des investisseurs à l’étranger. » C’est déjà une réussite, les partenariats d’Avesthagen sont prestigieux. En pharmacie, AstraZeneca et Novartis pour l’Europe, Cipla en Inde ; en agri-bio, ce sont le groupe indien Godrej et le français Limagrain qui cherchent à développer grâce Avesthagen de nouvelles variétés de semences.Dans les diagnostics, Avesthagen travaille avec Bio-Mérieux, notamment sur un diagnostic de la tuberculose. En nutrition enfin, Avesthagen travaille en partenariat avec Nestlé et Danone, pour développer des ingrédients préventifs du diabète ou des maladies cardio-vasculaires.Parmi les partenaires financiers, on compte l’américain Fidelity et l’indien ICICI ventures.
Développer la totalité du portefeuille de recherche en cours exigera un investissement de l’ordre de 200 millions d’euros, d’où l’impératif d’une introduction en bourse prévue en 2008. Avesthagen est – après Biocon- l’une des stars montantes de l’industrie indienne des biotechnologies. Ce secteur croît en Inde à 25% par an, il se situe en Asie au troisième rang après l’Australie et la Chine, et devrait atteindre 3,5 milliards d’euros en 2010.
L’avenir sera Indien … et Chinois
L’Inde possède et crée d’ors et déjà des entreprises de classe mondiale, capables de jouer un rôle significatif dans la mondialisation. Et pourtant leur présence est à peine visible. Dans le classement mondial des 500 Global Companies de Fortune Magazine, on compte six entreprises Indiennes (1) contre 24 entreprises Chinoises. La France en inscrit 38. Si on s’intéresse aux 100 start-ups les plus innovantes d’Asie, le magazine Red Herring recense, en 2007, 38 entreprises chinoises et 12 entreprises indiennes, soit 50% du total !
Nous ne sommes qu’au début de l’internationalisation des entreprises indiennes. Petites, moyennes ou grandes, elles n’ont pas froid aux yeux. Elles ont développé en Inde des atouts – coût, agilité, innovation- qui en feront, au côté des entreprises Chinoises, de redoutables concurrents pour l’avenir.
By Jacques Testard, an Oxford student visiting India - published by Indian Express - 14 August 2008
When I left my native France for India at the beginning of the summer, I soon became obsessed with the authenticity of my future travel experience. Is there such a thing as an ‘authentic’ trip? How could one judge this? Having given it some thought, I decided that to achieve this required a complete and utter immersion into local culture, far beyond the usual sanitised trip of the average backpacker. In practice, it meant living as the locals do, and attempting to transcend the usual boundaries created by the nature of tourism.
On a few occasions, I felt close to reaching this goal- in Nizamuddin’s Dargah amidst a colourful throng of fervent pilgrims, on the Bombay-Calcutta train in Sleeper Class sharing victuals with my fellow passengers, or in the Bengali capital, where I was invited to a Baul recital in a bookshop-owner’s house. These were but fleeting moments, ephemeral forays into life as it is, untainted by the economic pressures of tourism.
In many places it is near-impossible to rise out of one’s condition as a base tourist. The incessant passage of travellers over time has ensured this, as one’s experience is formatted, to taste perhaps, but formatted nonetheless. To the passing traveller, cities such as Udaipur or Benares are not representative of the life India leads today by any stretch of the imagination- they are mere carcasses of their former selves, catering to an imagined ideal of India. Only with time would it be possible to evade this cliché and pierce through the external face of hassle and commerce to delve right into the heart of Indian life has it has become.
When left with such a short time to visit so much, only big metropolises such as Bombay provide a shield from the ‘norm’, and allow one to hide behind the mass of anonymity. Large urban sprawls are even more challenging to unearth, but one can at least circumambulate at leisure, shielded from one’s own identity by the ceaseless activity of the city- in Calcutta’s flower market I passed unnoticed, a very pale ghost amidst the myriad colours.
I enjoyed my trip enormously. I saw many things of beauty- the Taj Mahal, Mehrangar Fort, Fatehpur Sikri, a host of temples and masjids- and discovered as a fine a cuisine as I have come across. However, I have come to the conclusion that sights are but an infinite fraction of a visit to a country. The traveller must attempt to capture its essence, rise above the manufactured ideal and uncover the present, life as it is being lived. This is a very challenging task but a hugely rewarding one. Nowhere have I been happier in India than when feeling ‘lost’ in the present, however brief these moments have proved to be.
L’association des dabbawallahs remonte au Bombay prospère de la fin du 19ème siècle. Epoque où il fallut sustenter une population croissante de banlieusards au travail. Plus d’un siècle après, les classes moyennes laborieuses de Bombay continuent de préférer manger au bureau leurs chapatis et dahls préparés à la maison plutôt que d’aller au petit restaurant du coin. Ceci grâce au service des dabbawalas. Tous les jours, les 3.500 dabbawalas de Bombay livrent 175.000 repas à des milliers d’employés de bureau qui travaillent aux quatre coins de la mégapole. Chaque repas préparé à la maison est mis en boîte (la gamelle ou tiffin) et passe aux dabbawallas qui, de main en main via les transports publics, livrent à midi le précieux colis sur le lieu de travail. La gamelle est retournée chaque soir par le même chemin. Les dabbawallas sont des petits entrepreneurs – ils travaillant le plus souvent en groupe de quatre qui se relaient de porte en gare, de gare en porte. Qu’y-a-t-il de commun entre General Electric, Motorola et les dabbawalas de Bombay ? Ces trois institutions ont obtenu le label suprême de la qualité, le fameux Six Sigma, suivant lequel les activités de ces organisations sont exécutées avec une marge d’erreur infime… Or si GE et Motorola sont des multinationales américaines réputées pour leur maîtrise des dernières techniques de management, les dabbawalas sont pour la plupart des analphabètes. Comment ont-ils fait ? C’est simple, au lieu de code barre, ils utilisent des couleurs et des numéros que tous, même les analphabètes, peuvent reconnaître. Y-a-t-il des erreurs ? Au plus une sur six millions de repas livrés, d’où le label Six Sigma de qualité décerné par le magazine Américain Forbes en Août 2007. Le coût du service pour le client est de 150 Rs par mois, ce qui n’ajoute pas grand-chose aux frais de ce repas «maison» pris sur place. Quant au dabbawala, il arrive à gagner 3000 Rs par mois. Si les dabbawalas n’ont pas eu besoin de guru du management pour s’organiser, ils intriguent les écoles de management : leur expérience est aujourd’hui étudiée en séminaires de logistique ou dans les écoles de management les plus prestigieuses de l’Inde. Mais les dabbawalas ne comptent pas en rester là, ils se lancent aujourd’hui dans une diversification majeure. La finance !
Diversification dans la banque
Amshit Saha, un dabbawala de Bombay, a été récemment recruté par la Corporation Bank of India pour approcher des populations des quartiers populaires de la ville. Des gens comme Ram Kumar, colporteur de légumes qui déambule dans les rues de Malad avec sa charrette remplie de tomates, salades et autres courgettes. Ram Kumar ne va pas à sa banque, sa banque vient à lui grâce à Amshit qui est du même quartier et parle le bhojpuri, le même dialecte que Ram Kumar. Amshit porte un petit lecteur digital qui reconnaît l’empreinte du pouce de Ram Kumar. Ram a été muni par Corporation Bank d’une carte à puces qui tient lieu de compte courant. Anjourd’hui, le marché a été bon, Ram Kumar veut déposer 350 roupies sur son compte. Amshit insère la carte à puce dans son lecteur, prend les 350 Rs en liquide et donne un reçu à Amshit. Dans quelques temps, Amshit pourra aussi proposer des micro-prêts, des assurances et même des placements à ses clients… Amshit tourne avec un portefeuille de quelques centaines de clients. Il est rémunéré par un fixe et une commission sur les dépôts et produits financiers qu’il vend à ses clients.
En Janvier 2006, l’Institut de Réserve de l’Inde (RBI) a autorisé les banques commerciales à user de « correspondants bancaires » pour servir des populations non bancarisées : fermiers dans les zones rurales, petits commerçants ou artisans, chauffeurs de taxi et femmes de ménage en zones urbaines. Des personnes aux revenus extrêmement modestes, entre 1000 et 3000 roupies par mois (18 à 54 euros par mois). Ces populations sont traditionnellement plutôt méfiantes vis-à-vis des banques, et les banques étaient un peu sceptiques au départ. Afin d’expérimenter les solutions possibles, elles ont créé en 2006 une société de service commune – Financial Information Network and Operations Ltd (FINO) – avec un double objectif : (1°) trouver les solutions techniques et humaines au problème(2°) identifier et former des équipes de correspondants. Tout en maintenant des coûts de transaction minimes.
Après deux ans de tâtonnements, le modèle des correspondants bancaires est en train de s’imposer rapidement dans le pays. Corporation Bank, qui cible les marchands de légumes, les chauffeurs de taxi et les employés de maison, a recours dans l’état de Goa aux postiers, à Bombay aux dabbawalas. Union Bank a en deux ans su séduire 10.000 vendeurs de légumes et compte passer à 90.000 clients d’ici 2010. La banque du Penjab (Penjab National Bank ou PNB) a constitué des équipes « d’amis du paysan» (Kisan Bandhus) qui doivent visiter tous les jours 500 clients et prospects en zone rurale. PNB compte étendre le modèle à treize états de l’Union Indienne dans les années qui viennent.
La principale difficulté du dispositif ? Culturelle. Il faut une immense patience au correspondant pour convaincre un paysan de faire un dépôt ou d’accepter un crédit. Souvent il faut enrôler les autorités locales – le maire du village (sarpanch) et parfois même le prêtre (puro-hit). Mais lorsque les mentalités s’ouvrent, l’électronique peut faire des miracles. Et la banque avance en créant un nouveau canal de distribution vers une clientèle –certes à faible revenu- mais qui est en train de sortir des seuils de pauvreté et représente une masse potentielle considérable. Les dabbawalas et autres correspondants sont les intermédiaires high-touch de cette transformation high-tech et sociale.Décidément, dans la banque comme dans l’agro-alimentaire ou la distribution ( cf. e-Choupal et Shakti), l’Inde invente les moyens d’approcher et de servir le bas de la pyramide. En Inde - 600 millions de personnes, dans le monde 4 milliards d’aspirants consommateurs.
Quelle est la morale de cette histoire pour nous autres Occidentaux ? Deux pistes de réflexions: (1) Toute entreprise qui s’intéresse aux 4 milliards de consommateursdu « bas de la pyramide mondiale » devrait s’inspirer de ces nouveaux modèles d’intermédiation. (2)Les entreprises Indiennes qui inventent ces modèles de distribution de masse à très bas coûts seront des concurrents redoutables dans l’avenir.
Tôt ou tard, directement ou indirectement, nous serons donc nous aussi concernés par ce que font les dabbawalas.
Dasrath Manjhi Un petit homme frêle au regard perçant, le visage sombre souligné par une grande barbiche blanche quitte au lever du soleil sa modeste cahute pour marcher quelques kilomètres, vers sa montagne. Habillé d’un simple dothi blanc, pieds-nus, Dasrath Manjhi se rend ainsi tous les matins à sa colline de pierres. Cela fait vingt deux ans que Dasrath creuse cette montagne, jour après jour, de l’aube au crépuscule, avec une obstination sans faille. Seul, avec l’aide d’un marteau et d’un burin. Dasrath a voulu construire une route qui raccourcisse la distance de Gelaur, un village reculé du Bihar, à Wazirganj, capitale du district le plus proche qui se trouvait, avant son travail de Sisyphe, à environs 20 kms. Dasrath à lui tout seul a raccourci la distance de 15 kms.
Même en Inde, on l’a pris au début pour un fou.
Ses voisins effarés pensaient que Manjhi avait perdu l’esprit et se moquaient bruyament de lui.Mais les femmes du village, jeunes et vieilles, l’admiraient. Car elles savaient. Elles savaient que Manjhi construisait cette route non par dérangement, mais par la force du chagrin, par la dévotion immense qu’il vouait à sa femme défunte, Phaguni Devi. La colline de Gaya ne sera sans doute pas dans l’avenir un très grand lieu d’attraction pour les touristes. Pourtant certains pensent en Inde que le monument de Manjhi à sa femme égale en sublime ce que l’empereur Shah Jahan fît pour son épouse bien aimée Mumtaz Mahal.La colline trouée de Gaya, c’est le Taj Mahal du pauvre.
Aujourd’hui, quelques semaines après sa mort fin Août 2007, Dasrath Manjhi a rejoint le panthéon des grandes âmes (mahatma) de l’Inde ; on l’appelle partout « Dasrath Baba ». Dans une société rurale encore largement gouvernée par le système des castes qu’est le Bihar - un des états les plus pauvre de l’Inde- ce titre de « Baba » était impensable pour un homme comme Dasrath. Car réservé aux seuls brahmanes. Dasrath Manjhi était un « Musahar », une sous-caste - basse parmi les plus basses- une caste d’intouchables. Les Musahar tiennent leur nom et leur réputation inférieure d’un passe-temps é